Retour à la rubrique Celtes insulaires et continentaux

Hagiographie bretonne et mythologie celtique

Raydon, Valéry ; Bourgès, André-Yves

Éditeur : Terre de Promesse, 2016

Recueil d’essais réunis par André-Yves Bourgès et Valéry Raydon. Auteurs : André-Yves Bourgès, Chiara Garavaglia, Frédéric Kurzawa, Patrice Lajoye, Goulven Péron, Valéry Raydon, Robert Robreau, Bernard Rio, Claude Sterckx, Philippe Walter. La Matière hagiographique de Bretagne a été soumise à des influences multiples tout au long de son histoire. Un apport vraisemblablement notable, mais difficilement évaluable, concernant la composition des Vies des saints bretons dans ce foyer de langue brittonique, a consisté dans le recyclage d’anciennes traditions orales celtiques, remontant à des mythes et rites préchrétiens, qui, toujours plus dépouillées au fil du temps de leur ancienne portée religieuse et culturelle, avaient pu être mises par écrit et toilettées par des lettrés chrétiens, ou continuaient de figurer dans les répertoires des conteurs bretons armoricains, mais aussi corniques, gallois ou bien encore ceux d’Irlande, de Man et d’Ecosse. Cet apport n’est pas toujours évident à identifier, du fait que notre connaissance des anciennes mythologies des sociétés celtiques est largement fragmentaire; du fait aussi que ces biogra-phies de saints et les chroniques de leurs miracles sont en général des œuvres composites et hybrides que les hagiographes ont élaborées en combinant données historiques et motifs littéraires puisés aussi bien à des thèmes épiques, folkloriques que bibliques ou d’autres fonds hagiographiques antérieurs, et en les adaptant avec une grande liberté au système de valeurs de la société de leur temps. Il en résulte qu’il est souvent plus aisé d’authentifier un petit substrat celtique en cours de narration que d’affirmer la structuration d’un personnage ou d’une Vita entière à partir du décalque d’un ancien mythe celte. Il n’est pas moins délicat de tenter d’évaluer le caractère volontaire de l’emprunt, de comprendre s’il était détenu de première ou d’énième main, d’identifier sa source de provenance – parfois une autre oeuvre hagiographique -, de savoir s’il fut motivé par un objectif religieux précis, enfin de jauger la part de ‘resémentisation’, d’adaptatio christiana qu’il contenait.

Si malgré nos soins, une erreur, une reproduction ou un renvoi non-autorisés étaient constatés, nous vous remercions de bien vouloir nous le faire savoir à l’adresse indiquée à la rubrique «Contact».

© 2019 Société Française d'Études Indo-Européennes