Comptes rendus d'ouvrages

[NMC] Les Jumeaux divins dans le festiaire celtique, D. Gricourt et D. Hollard (Marseille, Terre de Promesse, 2017)

Guillaume Oudaer

30/09/2019

Le sujet de cet essai, dont les auteurs sont des numismates reconnus et des spécialistes de la mythologie celtique, est le lien entre les dieux-jumeaux des Celtes et l’organisation du calendrier celtique. Leur thèse est que ces dieux, qu’ils identifient à Lugus et Cernunnos, se partagent respectivement la moitié claire et la moitié sombre de l’année, rythmée par les solstices, les équinoxes et, surtout les fêtes celtiques de mi-saisons (la terminologie ici employée est celle de notre calendrier, car dans l’année celtique ces fêtes ouvraient les saisons tandis que les équinoxe-solstice semblent avoir marqué la mi-saison). Ces dernières, au nombre de quatre se sont surtout conservées en Irlande, sous les noms d’Imbolc (début février), de Beltaine (début mai), de Lughnasad (début août) et de Samain (début novembre) ; la partition entre moitié claire et moitié sombre se faisant à Beltaine et Samain. Ces deux divinités seraient donc les impulseurs de l’année celtique, représentée sous la forme d’une roue. Pour argumenter leur propos, les auteurs utilisent, outre les rares textes antiques concernant ce sujet, les sources numismatiques, l’iconographie religieuse et les survivances tardives du complexe héortologiques qu’ils étudient, à travers essentiellement l’hagiographie et le folklore.

Leur étude structurée emporte l’adhésion sur leur postulat de base : les rythmes de l’année celtique étaient dépendants de la geste de divinités gémellaires. Cependant, nous adhérons moins à d’autres développements de cette thèse de base.

En premier lieu, nous nous posons toujours en porte-à-faux en ce qui concerne l’identification du frère de Lugus comme étant Cernunnos. Certes, il existe bien un jumeau sauvage, équivalent – du moins en partie – au Dionysos grec comme Lugus l’est à Apollon, mais il ne peut être assimilé à ce personnage de l’iconographie et de l’épigraphie religieuse celtique. Pour nous, comme pour Claude Sterckx et Patrice Lajoye, Cernunnos est un alias du Jupiter celtique et, en cela, du père de ces dieux-jumeaux. Or, cette dernière théorie peut s’accorder avec le postulat de base de D. Gricourt et D. Hollard.

Prenons le relief de Reims. Celui-ci montre Cernunnos en majesté, sur un pilastre, tenant un sac d’où s’écoule ce qui semble être un flot de grains, et dont les cornes, cassées, semblent se poursuivre sur le toit de l’édicule dans lequel la scène est comprise. Debout, légèrement en dessous du dieu cornu, se trouvent Apollon citharède, à sa droite, et Mercure, à sa gauche. Au-dessus de Cernunnos, un rongeur est représenté, tandis que, en dessous de lui, un bovin, à sa droite, et un cerf, à sa gauche, semblent s’alimenter au flot qui sort du sac.


Pour lire l'intégralité de la recension, reportez-vous au site de Nouvelle Mythologie Comparée : http://nouvellemythologiecomparee.hautetfort.com/archive/2018/10/24/review-d-gricourt-et-d-hollard-les-jumeaux-divins-dans-le-f-6099534.html

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