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[NMC] Autour des comparaisons, Marco V. García Quintela (Universidade de Santiago de Compostela)

Marco V. García Quintela

17/10/2019

Résumé : Le recours à la comparaison est fréquent dans les études en sciences humaines et sociales, et en particulier dans les études d’histoire des religions et de mythologie. Cependant, il n’y a pas beaucoup de réflexion sur les raisons derrière cette pratique. De plus, les réflexions sur la comparaison ont tendance à être faites à l’intérieur d’une discipline, ignorant une vision plus générale. Ce texte résume sous la forme d’un long article trois approches complémentaires au problème de la comparaison. En premier lieu, il présente la genèse de la méthode comparative confondue avec l’origine même de la réflexion historique et avec un rôle remarquable de comparaison religieuse. Il montre ensuite comment la comparaison se généralise dans d’autres domaines du savoir et comment un dialogue entre sciences naturelles et sciences humaines s’établit autour de la comparaison depuis le xixe siècle, donnant naissance à une série de disciplines à base comparative au xxe siècle. Ensuite, une typologie des comparaisons est présentée en mettant l’accent sur trois positions différentes par rapport à la pratique et comment elles s’expriment avec des formes similaires sur un triple plan théorique, anthropologique et d’histoire des religions. L’on montre aussi comment le manque de rigueur méthodologique dans l’utilisation ou le rejet des comparaisons conduit au maintien de positions épistémologiques équivoques ou mal fondées. Enfin, trois aspects complémentaires de la pratique comparative sont abordés. La « causalité » et le problème des « survivances » comme forme d’explication comparative avec des limitations pas toujours prises en compte. L’analogie et ses règles en tant que forme de pensée comparative se rapportent aux réflexions de la philosophie et de la psychologie cognitive et à la nécessité d’une réflexion analogique structurelle. Enfin, on souligne les dangers dérivés de l’idée de « reconstruction », parfois utilisée dans les études comparatives, car elle vise à donner à la pratique comparative une capacité de réification (fausse ou équivoque) au lieu de l’assumer comme un outil puissant de connaissance.


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ARTICLE


La comparaison est une méthode des sciences humaines et sociales qui pose dans la pratique des problèmes compliqués. De plus, il est difficile de fournir une application standard qui aille au-delà des hypothèses valables seulement dans des secteurs restreints de la communauté scientifique dans lesquels la validité de cette méthode est reconnue. Génétiquement la comparaison dans le sens moderne du terme est apparue parallèlement à sa mise en œuvre dans le domaine des sciences naturelles, où elle est une pratique courante. Bien qu’une idée reçue fasse valoir que la pratique comparative des naturalistes a influencé les sciences humaines [1] , il a pu être démontré dans la genèse de l’évolutionnisme sociologique dans l’Angleterre victorienne « that the intelectual life of the period exhibits many cross-currents, some surprising, and some, probably, untraceable », en référence spécifique à l’influence des perspectives humanistes sur les sciences naturelles [2 ]. Toutefois, on peut faire remonter la préhistoire de la comparaison presque jusqu’où on veut, et on peut citer de nombreuses étapes intermédiaires. Ainsi, lorsque Hérodote (II, 49-51) donne des noms grecs aux dieux égyptiens il présente le résultat d’une comparaison entre les caractéristiques et les attributs de ces dieux et des dieux grecs, en indiquant en outre qu’il a mené une enquête spécifique. Plus tard, cette pratique de trouver les équivalences entre les dieux d’un peuple et ceux de la communauté ethnique de l’observateur, situation habituelle dans l’Antiquité, reçoit le nom d’interpretatio, selon une formule connue de Tacite [3]. 


Pour lire l'intégralité de la recension, reportez-vous au site de Nouvelle Mythologie Comparée : http://nouvellemythologiecomparee.hautetfort.com/archive/2019/09/03/marco-v-garcia-quintela-autour-des-comparaisons-6173599.html


Notes :

1. Par exemple, au sujet de l’influence des études de zoologie sur la méthodologie comparative de James G. Frazer voir Segal, 2001 ; au sujet de l’impact de la morphologie botanique de Goethe sur l’œuvre de Mircea Eliade, voir Smith, 2000, p. 315-331.

2. Voir Borrow, 1966, p. 109, également p. 108-118 et passim.

3. Tacite, La Germanie, 43, 3 ; Ando, 2005.

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